Ce qui restera, c'est un territoire de récits : textes sur la pratique de Dimitri Robert Rimsky

Dimitri Robert-Rimsky est artiste visuel, son travail consiste essentiellement en des vidéos et installations. Il a étudié à l'Institut Supérieur des Arts de Toulouse (Fr.) et en Allemagne à la Hochschule fûr Bildende Künste de Brunswick dans l'atelier de Candice Breitz. Lors de son cursus largement orienté autour de réflexions sur le statut des images et nourri de productions écrites, il développe un fort intérêt pour l'évolution des mythologies liées aux paysages dans l'actualité. En 2013, après avoir obtenu son DNSEP, il s'installe à Paris tout en continuant à travailler en collaboration avec le réseau toulousain. En 2015 il co-fonde les ateliers Rotolux, accueillant designers et plasticiens dans une ancienne imprimerie à Bagnolet. Puis en 2016 il intègre le Programme d'Expériementations en Art et Politique (SPEAP) dirigé par Bruno Latour à l'École des Affaires Publiques de Sciences Po Paris. Il travaille aujourd'hui sur plusieurs projets collaboratifs, associatifs ou auto initiés. 

Depuis 2015 Aurélie Vandewynckele a collaboré à plusieurs reprises avec Dimitri Robert-Rimsky.

Dimitri Robert Rimsky conçoit un dialogue au sein duquel vidéos, images et textes interrogent la production, la circulation et la réception des images dans la cartographie médiatique. Le corpus qui suit opère une dialectique dans les interstices de la mémoire et de l’expérience, du matériel et de l’immatériel.

Plaçant les constructions des mythologies contemporaines au cœur de sa pratique, il établit des lignes de fuite à travers leurs structures souterraines et nos relations à celles-ci. Mettant en exergue son pouvoir fictionnel, il déjoue cette vision collective souvent amnésique, voire opaque. Sondant les ambivalences sémantiques, il déconstruit les strates narratives qui composent la toile virtuelle. De cette sédimentation, ses pièces, telles des fissures, nous dévoilent une autre histoire et font basculer le commun vers le sublime. Empruntant aux codes du cinéma, elles agissent telles des séquences où l’image bascule pour devenir le décor d’une société fictive et spectaculaire. 

 

Les images servent aussi à cela, à voir le temps qui vient [1].

Des réalités multiples s’inscrivent dans l’œuvre de DR, elles véhiculent conjointement plusieurs temporalités, permettant chacune de livrer l’autre avec poésie. Confrontant l’usage pluriel des images de notre société, ses pièces s’imbriquent autant dans l’évolution de la représentation que dans la construction des connaissances à partir de celle-ci. En soulignant les structures politiques subliminales, ses compositions mettent en perspective le travail de l’imaginaire collectif comme vérité incontestée et interrogent notre capacité à spéculer sur nos propres légendes, à donner naissance à une nouvelle matérialisation de ses échos.

Qu’est ce qu’un paysage sinon l’écriture ?

Ce qui restera, c’est un territoire de récits.

 

[1] Georges Didi-Huberman, Sentir le grisou, Les Éditions de Minuit, Paris, 2014.


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ENTRETEMPS - Texte sur la pratique de RÉJEAN PEYTAVIN

Elsa Delage a rédigé un texte à propos du travail de Réjean Peytavin.
Ils ont depuis collaboré ensemble à de nombreuses reprises.

 

ENTRETEMPS

Les productions de Réjean répondent aux gestes et évidences de la vie courante. Sa démarche s’appuie sur une observation délicate du quotidien à travers une relecture ergonomique et onirique des objets. Pourtant, les scénarios prétextes à la réalisation de ses objets, qu’ils soient vraisemblables ou supposés, projettent aussi des situations d’usage fictionnelles.

Détournant le postulat du design moderne, pour lui c’est davantage l’idée de soumettre l’usage à la forme qui prime. Mais parce qu’elles conservent l’horizon de la fonctionnalité, ses œuvres demeurent le fruit de la recherche d’un designer. S’il conçoit des formes spécifiques pour répondre à des demandes précises, ses objets s’apparentent davantage à ce que l’on pourrait qualifier de « sculptures utiles », dans certains cas, à des formes qui oscillent entre objets d’art, objets manufacturés et objets d’artisanat.

Le fait même d’assumer un design « artistique » lui permet de rester dans la recherche et dans l’expérimentation. Il acquiert ainsi de manière empirique de nombreux savoir-faire traditionnels tels que l’art de la faïence, la menuiserie, la couture et le torchis. Ces techniques deviennent des outils de travail auxquels il se frotte afin de développer ensuite d’autres approches. Il s’inscrit ainsi dans une démarche proche de l’artisanat, valorisant le travail manuel, non industriel, et produisant en toute logique des séries d’objets limitées.

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AVENIR AVENUE (PREQUEL) - EMMANUEL GALLAND & FRANÇOIS LALUMIÈRE

Aurélie Vandewynckele a publié un compte-rendu de l'exposition Avenir Avenue (Prequel) du duo d'artistes Emmanuel Galland & François Lalumière qui s'est tenue au Centre Clark à Montréal du 28 août au 4 octobre 2014 dans le revue Inter : art actuel, n°120, pp. 82-83, 2015.

 


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CAGE'S SATIE - ESSE

Elsa Delage a publié un compte-rendu de l'exposition Cage's Satie: Composition for Museum qui s'est tenue au Musée d'art contemporain de Lyon du 28 septembre au 30 décembre 2012 dans le revue Esse arts + opinions, n°78, pp. 62-63, 2013.

Source : http://www.mac-lyon.com/mac/sections/fr/expositions/2012/john_cageerik_satie 

"Cage’s Satie: Composition for Museum"

À l’automne 2012[1], le Musée d’art contemporain de Lyon a présenté une exposition dans laquelle il était question de la présence récurrente du compositeur et pianiste français Erik Satie (1866-1925) dans l’œuvre de John Cage (1912-1992), une figure influente de la musique contemporaine qui a été au cœur de l’avant-garde américaine. Connu pour son travail sur la déconstruction de la structure et de l’harmonie musicales et pour la réflexion qu’il a menée autour de la notion de subjectivité dans l’interprétation, Satie a été une source d’inspiration décisive pour Cage.

Intitulée « Cage’s Satie: Composition for Museum », l’exposition est envisagée comme un morceau de musique de John Cage rendant hommage à Erik Satie. La commissaire de l’exposition, Laura Kuhn, directrice du John Cage Trust à New York, relève brillamment le défi d’exposer de la musique. Les œuvres cohabitent sans se gêner, si bien que le principe même de l’exposition fait écho au procédé de composition qui a tant intéressé Cage. On découvre un espace ouvert, épuré et uni dans lequel sont disposées une vingtaine de chaises longues invitant à s’asseoir pour écouter les morceaux ou regarder les différentes vidéos. Les boucles sonores répondent aux boucles vidéo dans une harmonie totale des sens. Des pièces musicales de Cage écrites à partir d’œuvres de Satie dialoguent avec des reproductions de partitions, des agrandissements de notes manuscrites, des poèmes, des dessins du compositeur américain ainsi que des vidéos de chorégraphies de Merce Cunningham. L’accent est mis sur l’aspect graphique des notes et des partitions, qui deviennent signes. Plus que jamais il est question de transcrire un langage. La musique en est un et son écriture, une conceptualisation du son.  

Une salle entière est consacrée à l’œuvre The First Meeting of the Satie Society (1985-1992). Cage a invité plusieurs artistes à remplir une valise de leurs mots et images, réunis dans huit livres faits main. Sur cette valise faite de verre fissuré et de métal et directement inspirée de Marcel Duchamp, vingt citations de Satie sont marquées au poinçon. Des artistes comme Jasper Johns, Robert Rauschenberg, Sol LeWitt, Robert Ryman et Merce Cunningham ont collaboré à l’illustration de ces livres. Ce projet est conçu comme une série de présents à l’intention d’Erik Satie. Chaque livre regroupe des mésostiches de Cage. Ces poèmes de forme si particulière reflètent bien l’ambition de Cage de déstructurer toutes les syntaxes, langagières, musicales ou picturales. Unissant poésie, performance, typographie, art visuel, sculpture et musique, cette œuvre collaborative ne témoigne pas seulement de la volonté de Cage d’opérer une synthèse entre les arts et de repousser ainsi les frontières qui les séparent, elle souligne aussi la pertinence de cette forme poétique originale.

Une autre salle est dédiée à l’œuvre James Joyce, Marcel Duchamp, Erik Satie: An alphabet (1982), de Cage. Il s’agit à l’origine d’une pièce radiophonique pour une seule voix. En travaillant sur le principe du collage, Cage rassemble une distribution imaginaire de quatorze personnages parmi lesquels figurent James Joyce, Henry David Thoreau, Marcel Duchamp et Erik Satie, qu’il invite au dialogue. Leur conversation se compose de citations littérales, de contenus historiques librement adaptés et de phrases tout simplement écrites par Cage. L’idée d’en faire en 2001 une adaptation pour le théâtre a posé la question de sa transposition sur scène. La solution a alors été de créer Alphabet, sorte d’installation-performance où le texte est spatialisé et où le temps, la séquence et le mouvement sont relégués au second plan. L’aspect relativement statique de cette forme vise à imprimer l’essence de l’image de l’œuvre. Placés au sein d’une structure de bois, les acteurs restent essentiellement sur place. La musique, un mélange construit par voie numérique, comprend aussi bien des bruits de fond continus que des sons intermittents. C’est le compositeur new-yorkais Mikel Rouse qui l’a réalisée à partir de partitions laissées par Cage dans des manuscrits inachevés. Les sons sont aussi variés et suggestifs que le dialogue même de la pièce : une tondeuse à gazon, des rayons X, un tremblement de terre, une photocopieuse… Des photographies de diverses représentations ainsi que des enregistrements sonores d’Alphabet sont aussi présentés. Dans la même pièce, une installation fait référence à la composition non intentionnelle, voie explorée par Cage, et à l’intérêt de ce dernier pour les sons libres. Différents sons sont diffusés dans l’espace et le visiteur peut participer à cette ambiance sonore en intervenant sur l’un des quatre pianos installés au centre de la pièce. Chaque touche déclenche un son d’une durée maximale de cinq secondes qui renvoie à une action concrète (une cloche, une timbale, une sonnette de vélo, un griffonnement, le bruit d’un ressort, celui d’une page tournée, celui de deux verres qui s’entrechoquent…). On ne sait à quel moment quelqu’un viendra déclencher un son ni lequel, et s’il sera seul ou accompagné. La composition est différente chaque fois, et exécutée de manière indéterminée. Cette proposition participative semble donc particulièrement adaptée à la notion d’aléatoire qui était chère à Cage.

Présentée à l’occasion du centenaire de la naissance de John Cage, cette exposition offre un regard nouveau sur sa création, révélant une pratique fondée sur un dialogue constant avec ceux qu’il admire, par des jeux de renvois, d’emprunts, de reprises et d’échos en tous genres. L’exposition permet d’aborder le travail du compositeur via l’intérêt qu’il a pu porter, notamment, à Henry David Thoreau, à Marcel Duchamp, à James Joyce et, bien évidemment, à Erik Satie. Entre Satie et Cage, on observe des interconnexions, des contenus étroitement liés, des musiques qui ont le même phrasé, les mêmes rythmes, mais qui restent pourtant tout à fait distinctes et originales. L’influence de Satie a été essentielle aux recherches structurelles, formelles et méthodiques de Cage sur le matériau musicologique. L’exposition du Musée d’art contemporain de Lyon revient à ce titre sur l’importance décisive qu’il a tenu dans la vie de Cage et sur les hommages récurrents que celui-ci lui a rendu dans ses créations.

[1] Du 28 septembre au 30 décembre 2012

MESCHAC GABA - ENTRETIEN AVEC AKIKO MIKI - PALAIS MAGAZINE

À l’occasion de la réouverture du Palais de Tokyo en 2012, Palais Magazine consacre un numéro spécial à l’histoire du Palais de Tokyo de 1937 à nos jours.

Akiko Miki et Elsa Delage se sont entretenues avec Meschac Gaba. Ensemble, ils reviennent sur son Musée d’art contemporain africain virtuel constitué entre 2007 et 2012.

Source : http://archives.palaisdetokyo.com/fo3/low/programme/index.php?page=../editions/editions/gaba.html

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